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En bref
La tanaisie, Tanacetum vulgare, est une vivace aromatique d'Europe et d'Asie, facilement reconnaissable à ses feuilles finement découpées et à ses capitules jaunes en bouton.
Accords
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Profil
La tanaisie, Tanacetum vulgare, est une vivace aromatique d'Europe et d'Asie, facilement reconnaissable à ses feuilles finement découpées et à ses capitules jaunes en bouton. Très robuste, elle s'est largement naturalisée ailleurs, au point de devenir parfois envahissante. Son odeur puissante et sa longue histoire d'usage domestique et médicinal en ont fait une plante familière des jardins anciens, des monastères et des pharmacopées populaires. Son parfum est vif, camphré, herbacé, amer et épicé, avec une force qui peut vite devenir dominante. On y retrouve un côté médicinal, presque piquant, soutenu par des notes vertes et boisées. En parfumerie, la tanaisie se travaille donc avec prudence: elle apporte du nerf, une verdeur amère et une profondeur aromatique inhabituelle, mais sa toxicité naturelle et les restrictions sur la thuyone limitent fortement son emploi. C'est une matière de niche, plus expressive que docile. La tanaisie a longtemps servi comme vermifuge, insectifuge, plante de litière, herbe rituelle ou remède populaire, jusqu'à ce que sa toxicité soit mieux comprise. Elle a aussi gardé des liens avec les pratiques funéraires et avec une symbolique de conservation ou d'immortalité. Cette histoire dense donne à sa note un arrière-plan culturel assez sombre. En parfum, elle conserve quelque chose de rude, d'ancien et de fonctionnel, loin des aromatiques lissés.
Savoir-faire
La tanaisie donne une huile essentielle distillée des parties aériennes, avec un profil puissant, herbacé, épicé et un peu médicinal. Ce n'est pas une matière de confort, mais une note âpre et vibrante qui peut apporter du nerf à une formule lorsqu'elle est maniée avec prudence. En parfumerie, elle sert surtout à renforcer des accords amers, aromatiques ou sauvages, avec une tonalité un peu indisciplinée qui la distingue des herbes plus policées. Son intérêt tient à cette énergie brute, presque rude, qui peut donner beaucoup de caractère en très petite quantité. C'est une matière de tension, plus utile pour secouer une construction que pour l'arrondir. Son énergie brute la distingue immédiatement. Elle trouve sa place dans les structures aromatiques qui acceptent un peu d'âpreté. Bien dosée, elle évite qu'un accord herbacé devienne trop sage ou trop propre.
Repères
On pense que les Grecs anciens ont été les premiers à cultiver la tanaisie. Son nom est dérivé du mot grec « athanasia » signifiant « immortalité ».
Charlemagne inclut la tanaisie dans le « Capitulare de villis », un décret listant les herbes et plantes devant être cultivées dans les jardins de ses domaines impériaux.
Hildegarde de Bingen, une abbesse bénédictine allemande, documente les usages de la tanaisie dans ses écrits médicaux et botaniques, consolidant sa place dans la médecine médiévale.
Les pèlerins et les premiers colons apportent des graines de tanaisie en Amérique du Nord, la cultivant pour ses nombreux usages médicinaux et domestiques, comme insectifuge et traitement pour diverses affections.
L'utilisation de la tanaisie en médecine et en cuisine décline à mesure que sa toxicité est mieux comprise et que sa forte association avec la mort et les funérailles la rend impopulaire.
L'Association Internationale de la Parfumerie (IFRA) restreint fortement l'utilisation de l'huile de tanaisie dans les parfums en raison de la neurotoxicité de son composant principal, la thuyone, établissant des limites strictes sur sa concentration dans les produits finis.
Origines
Repères géographiques de la matière naturelle. Cette carte ne mesure ni les volumes produits ni les parts de marché ; les pays indiqués ne constituent pas une liste exhaustive.
Curiosités
Le nom « Tanaisie » vient du grec « athanasia », signifiant « immortalité », possiblement en raison de la longue durée de vie de ses fleurs ou de son usage pour l'embaumement.
Au XVIIe siècle en Nouvelle-Angleterre, la tanaisie était jugée si essentielle que le gouverneur du Massachusetts encouragea sa culture à grande échelle dans les jardins coloniaux.
Du XVIIe au XIXe siècle, les corps des défunts étaient souvent enveloppés dans des feuilles de tanaisie pour retarder la décomposition et repousser les insectes.
Les gâteaux à la tanaisie étaient un plat traditionnel de Pâques en Angleterre, consommés pour purifier le corps après le régime de carême à base de poisson.
Dans le folklore irlandais, une concoction de tanaisie et de sel était utilisée pour traiter les rhumatismes.