Parmi les notes principales
- ambré
- oudé
- boisé
Notes signatures d’Opus XI : marjolaine, bois de cuir, oud, styrax
En bref
Le leatherwood est un arbre tasmanien surtout célèbre à travers son miel très parfumé, l'un des plus singuliers au monde.
Accords
Les barres indiquent le poids relatif de chaque accord, rapporté au plus présent.
Parfums
3 parfums mettent le bois de cuir en scène.
Profil
Le leatherwood est un arbre tasmanien surtout célèbre à travers son miel très parfumé, l'un des plus singuliers au monde. En parfumerie, la note n'évoque pas un cuir au sens classique, mais un bois floral, miellé et légèrement épicé, avec une profondeur douce qui peut rappeler une matière noble travaillée par le vent et l'humidité. Son nom peut tromper: ce qui importe ici, c'est surtout la richesse aromatique de son univers botanique. Son profil olfactif mêle du miel, des fleurs blanches, une touche balsamique, un peu de bois humide et parfois une nuance chaude presque cuirée dans le fond. Le leatherwood sert à enrichir des compositions florales boisées ou ambrées, en leur donnant une densité douce et sauvage. Il peut aussi apporter une couleur tasmanienne très marquée, entre forêt humide et nectar. Très lié aux paysages isolés de Tasmanie, il porte une forte charge de nature préservée et d'ingrédient rare. Cette singularité se ressent dans son usage parfumé. C'est une note de luxe discret, moins frontale qu'un cuir ou qu'un miel pur, mais très intéressante pour donner du relief et de la texture à une composition.
Affinités
Ces matières apparaissent souvent en association avec le bois de cuir dans les compositions.
Utilisation
Savoir-faire
Il n'existe aucune preuve significative de production commerciale d'huile essentielle ou d'absolue à partir des fleurs de bois de cuir (Eucryphia lucida) pour l'industrie de la parfumerie. Le parfum est principalement capturé par les abeilles dans le miel de Leatherwood. La note en parfumerie est presque toujours un accord recréé, mélangeant des matières synthétiques et naturelles pour évoquer l'arôme unique de la fleur. Hypothétiquement, en raison de la nature délicate des composés aromatiques de la fleur qui seraient détruits par la chaleur élevée de la distillation à la vapeur, la méthode la plus appropriée pour un extrait naturel serait l'extraction par solvant. Ce processus impliquerait de laver les fleurs fraîchement récoltées (de janvier à mars) dans un solvant non polaire comme l'hexane pour créer une « concrète » cireuse. Cette concrète serait ensuite lavée à l'éthanol pour isoler les molécules odorantes, et après évaporation de l'éthanol, une « absolue » hautement concentrée serait obtenue. Le rendement d'un tel processus est généralement très faible pour les fleurs délicates, ce qui le rend exceptionnellement coûteux et commercialement non viable, expliquant ainsi la prévalence des accords reconstitués.
Repères
Le botaniste français Jacques-Julien Houtou de Labillardière collecte des spécimens d'Eucryphia lucida en Tasmanie lors de l'expédition d'Entrecasteaux à la recherche de La Pérouse.
Labillardière publie son ouvrage de référence « Novae Hollandiae Plantarum Specimen », qui inclut la première description botanique formelle de l'espèce, initialement nommée Carpodontos lucida.
L'industrie apicole en Tasmanie se développe et se spécialise dans la production de miel monofloral de Leatherwood, qui acquiert une renommée nationale puis internationale pour sa saveur et son arôme uniques et puissants.
Le profil aromatique unique du bois de cuir, inspiré par son célèbre miel, commence à apparaître comme une note créative dans la parfumerie de niche et artisanale, souvent utilisée pour évoquer la nature sauvage de la Tasmanie.
Origines
Curiosités
On pense que le genre Eucryphia a évolué sur l'ancien supercontinent du Gondwana.
Les arbres de bois de cuir doivent avoir au moins 75 ans pour produire une quantité significative de fleurs, la production maximale de nectar se produisant chez les arbres âgés de 175 à 210 ans.
Le miel de Leatherwood représente environ 70% de tout le miel produit en Tasmanie et est reconnu par l'« Arche du Goût » du mouvement Slow Food.
La plante a été une candidate sérieuse pour devenir l'emblème floral de la Tasmanie, mais a finalement été devancée par l'eucalyptus globulus.
Le parfum très singulier du miel de leatherwood est si identifié en Tasmanie qu'il sert souvent de référence sensorielle bien au-delà du cercle des apiculteurs.