Parmi les notes principales
- agrumé
- vert
- poudré
Notes signatures de Salute ! : iris, musc, chêne, vin rouge, feuilles de vigne
En bref
Les feuilles de vigne appartiennent à Vitis vinifera, plante grimpante emblématique des régions viticoles tempérées.
Accords
Les barres indiquent le poids relatif de chaque accord, rapporté au plus présent.
Parfums
3 parfums mettent les feuilles de vigne en scène.
Profil
Les feuilles de vigne appartiennent à Vitis vinifera, plante grimpante emblématique des régions viticoles tempérées. Si le raisin et le vin concentrent l'essentiel de l'attention économique et symbolique, le feuillage de la vigne possède lui aussi une présence sensorielle distincte. Dans les vignes, il participe à l'odeur globale du paysage, entre verdure chauffée, humidité matinale et légère astringence végétale. Leur parfum est principalement vert, vif et un peu tannique. On y trouve l'idée d'une feuille fraîche, d'une sève légère, d'une pointe terreuse et d'une amertume sèche qui rappelle en filigrane l'univers du vin. Selon le terroir et la saison, cette note peut paraître plus tendre, plus herbacée ou plus minérale. En parfumerie, la feuille de vigne sert à apporter un vert cultivé, moins coupant qu'un galbanum et plus civilisé qu'une feuille brute de potager. Elle installe facilement une atmosphère de vignoble et de lumière rurale. Historiquement, les feuilles de vigne ont davantage été valorisées en cuisine, notamment autour de la Méditerranée, des Balkans et du Proche-Orient, qu'en tant que matière parfumée. Leur intérêt olfactif s'est développé avec la recherche de verts plus nuancés et d'ambiances végétales crédibles. Cette note permet aussi de convoquer tout un imaginaire viticole sans tomber dans l'accord vin ou raisin. Elle reste ainsi une passerelle élégante entre la plante, le lieu et la culture du goût.
Affinités
Ces matières apparaissent souvent en association avec les feuilles de vigne dans les compositions.
Utilisation
Savoir-faire
Les composés aromatiques des feuilles de vigne sont généralement capturés par extraction par solvants pour produire une absolue, une méthode bien adaptée aux matières végétales délicates qui ne supportent pas les hautes températures de la distillation à la vapeur. Le processus commence par la récolte de feuilles fraîches et de haute qualité, qui sont ensuite lavées et séchées pour éliminer les contaminants et l'humidité. Les feuilles séchées sont macérées dans un solvant volatil, tel que l'hexane ou l'éthanol, qui dissout les huiles parfumées, les cires et les pigments. Ce mélange est ensuite filtré, et le solvant est doucement évaporé sous vide, laissant derrière lui une substance cireuse et semi-solide appelée la « concrète ». La concrète est ensuite lavée avec un alcool fort, comme l'éthanol, pour séparer les composés aromatiques des cires. Après refroidissement et filtration pour éliminer les cires restantes, l'alcool est évaporé, donnant le produit final: l'absolue de feuille de vigne. Cette méthode est privilégiée pour sa capacité à capturer un parfum très fidèle à la plante d'origine. Le rendement est généralement faible, ce qui en fait une matière précieuse. La période de récolte se situe généralement à la fin du printemps ou au début de l'été, lorsque les feuilles sont jeunes et tendres.
Repères
Des preuves archéologiques dans la région de la Géorgie actuelle suggèrent que la culture de la vigne ( Vitis vinifera ) a commencé dès 6000 av. J.-C., principalement pour la production de vin. Les feuilles étaient un produit secondaire, utilisées à des fins alimentaires et médicinales.
Les anciens Égyptiens et Grecs utilisaient abondamment la vigne. Si le vin était central, les feuilles de vigne servaient à envelopper les aliments et étaient représentées dans l'art comme des symboles de récolte et de célébration. Leurs propriétés aromatiques étaient appréciées dans des contextes culinaires.
Le plat de feuilles de vigne farcies, connu sous le nom de dolma ou sarma, devient un aliment de base dans tout l'Empire ottoman, consolidant le rôle de la feuille dans la cuisine méditerranéenne et moyen-orientale. Cet usage culinaire répandu met en évidence sa saveur et son arôme distincts.
L'invention et le perfectionnement des techniques d'extraction par solvants au XIXe siècle permettent de capturer les parfums délicats des matières botaniques fragiles comme les feuilles et les fleurs, qui ne supportaient pas la distillation. Cela ouvre la voie à des matières comme l'absolue de feuille de vigne en parfumerie.
Les années 1990 voient une tendance majeure en parfumerie vers des senteurs fraîches, vertes et naturalistes. Des notes comme la feuille de figuier, la feuille de tomate et la feuille de vigne gagnent en popularité pour leur capacité à évoquer la nature et à offrir une alternative vive et propre aux parfums orientaux et floraux plus lourds.
L'UNESCO reconnaît la tradition de la préparation du dolma en Azerbaïdjan comme un patrimoine culturel immatériel de l'humanité, soulignant l'importance culturelle des feuilles de vigne dans les pratiques culinaires et l'identité communautaire.
Origines
Curiosités
L'odeur des feuilles de vigne peut varier en fonction de l'heure de la journée et du sol spécifique dans lequel elles poussent.
Les feuilles de vigne sont riches en antioxydants et ont été utilisées en médecine traditionnelle pour leurs propriétés anti-inflammatoires.
Bien que le plus souvent associées à la cuisine méditerranéenne, toutes les variétés de vigne du genre Vitis ont des feuilles comestibles.
Dans la Grèce antique, les feuilles de vigne étaient utilisées non seulement pour la cuisine mais aussi comme symbole de célébration et d'abondance.
En parfumerie, la feuille de vigne est recherchée pour sa tension végétale et vineuse, qui permet de relier plus naturellement un accord raisin, vin ou vendange à son imaginaire botanique.