Parmi les notes principales
- herbacé
- fruité
- aromatique
Notes signatures de Mal-Aimé : racine d'iris, ortie, érigéron, chardon, mûre
En bref
L'ortie est une plante sauvage très reconnaissable, à la fois familière et un peu redoutée pour ses poils urticants.
Accords
Les barres indiquent le poids relatif de chaque accord, rapporté au plus présent.
Parfums
4 parfums mettent l'ortie en scène.
Profil
L'ortie est une plante sauvage très reconnaissable, à la fois familière et un peu redoutée pour ses poils urticants. Présente dans de nombreux paysages tempérés, elle pousse dans des sols riches et garde une image fortement liée à la nature brute, aux haies, aux lisières et aux jardins un peu laissés libres. En parfumerie, elle apporte justement cette idée de verdeur nerveuse et non domestiquée. Son profil olfactif est vert, herbacé, légèrement humide, avec une facette presque métallique ou poivrée qui traduit bien la sensation vive de la plante. L'ortie ne sent pas la fleur ni l'herbe douce: elle a une énergie plus sèche, plus piquante, parfois proche d'une tige cassée ou d'un feuillage froissé. Cette note peut réveiller un accord vert, renforcer un effet de nature sauvage ou donner plus de caractère à un parfum inspiré du jardin. Utilisée depuis longtemps dans les médecines populaires, l'alimentation et même le textile, l'ortie possède une histoire bien plus riche que son statut de mauvaise herbe ne le laisse croire. En parfumerie, son intérêt est récent mais cohérent avec le goût pour des senteurs plus naturelles et moins policées. Elle apporte une verdeur franche, rugueuse juste ce qu'il faut, et très crédible.
Affinités
Ces matières apparaissent souvent en association avec l'ortie dans les compositions.
Utilisation
Savoir-faire
La principale méthode pour obtenir une matière parfumée à partir de l'ortie est l'extraction par solvant pour produire une absolue. Les feuilles (et parfois les racines) sont récoltées, généralement avant la floraison, et lavées. Elles sont ensuite soumises à une extraction avec un solvant non polaire comme l'hexane pour créer une concrète, qui est ensuite lavée à l'éthanol pour obtenir l'absolue finale. Le produit qui en résulte est un liquide visqueux, de couleur brun-vert foncé. La distillation à la vapeur d'eau est également utilisée, bien que moins courante car l'ortie est considérée comme une plante ne contenant pas d'huile essentielle en raison de ses très faibles rendements, parfois aussi bas que 0,01 % à partir de la matière sèche. Ce procédé produit un hydrolat au parfum vert et herbacé ainsi qu'une huile essentielle qui capture un arôme « cuit », poivré et terreux. La plupart de l'ortie à usage commercial est récoltée à l'état sauvage, mais la culture sur des terres durables se développe pour garantir la qualité et le contrôle du produit final. Le principal défi écologique est de s'assurer que la récolte sauvage se fait de manière durable sans épuiser les populations naturelles.
Repères
Des preuves archéologiques provenant du Danemark montrent que les fibres d'ortie étaient utilisées pour créer des linceuls à l'âge du bronze, il y a près de 3 000 ans.
Hippocrate, le « père de la médecine », et d'autres Grecs de l'Antiquité ont documenté l'utilisation de l'ortie pour ses propriétés médicinales.
En raison d'une pénurie de coton, les fibres d'ortie ont été largement utilisées, notamment en Allemagne et en Autriche, pour fabriquer des uniformes militaires et d'autres textiles.
Le parfum « Dunhill Black » d'Alfred Dunhill est un repère identifiable parmi les lancements grand public ayant mis en avant une note d'ortie, marquant sa visibilité moderne plus qu'une première absolue.
Jo Malone London lance l'eau de Cologne « Nettle & Wild Achillea » dans le cadre d'une collection limitée, popularisant la note et soulignant une tendance pour les senteurs sauvages, vertes et non conventionnelles.
Poussés par des préoccupations de durabilité, des projets de recherche et des initiatives industrielles, notamment en France, intensifient les efforts pour rétablir l'ortie comme une alternative viable et écologique au coton dans l'industrie textile.
Les soldats romains stationnés dans des climats froids comme la Grande-Bretagne pratiquaient l'« urtication », se flagellant avec des orties pour provoquer une sensation de chaleur et combattre l'humidité.
Origines
Curiosités
Les fibres d'ortie sont utilisées pour fabriquer des vêtements depuis près de 3 000 ans, des textiles ayant été retrouvés sur des sites funéraires de l'âge du bronze au Danemark.
Les troupes romaines se frottaient avec de l'ortie pour se tenir chaud, une pratique connue sous le nom d'urtication.
Dans le folklore celtique, l'ortie était considérée comme une plante protectrice pouvant défendre contre les méfaits des fées et la sorcellerie.
Pendant la Première Guerre mondiale, l'armée allemande aurait utilisé des fibres d'ortie pour ses uniformes en raison d'une pénurie de coton.
En astrologie, l'ortie est considérée comme une plante masculine gouvernée par la planète Mars et l'élément Feu.