Dans la pyramide : cœur
- épicé
- aromatique
- boisé
Notes signatures d’Équipage : vétiver, mousse de chêne, œillet, sauge, estragon
En bref
Le liatris est une plante nord-américaine qui, en parfumerie, intéresse surtout par ses feuilles ou ses matières sèches riches en tonalité coumarinée.
Accords
Les barres indiquent le poids relatif de chaque accord, rapporté au plus présent.
Parfums
6 parfums mettent le liatris en scène.
Profil
Le liatris est une plante nord-américaine qui, en parfumerie, intéresse surtout par ses feuilles ou ses matières sèches riches en tonalité coumarinée. Cette caractéristique lui donne une place à part parmi les floraux: on le perçoit moins comme une fleur fraîche que comme une senteur de prairie chaude, de foin parfumé et de tabac blond. C'est une note discrète, mais très structurante. Son profil olfactif mêle la vanille sèche, le foin, l'herbe chaude, le tabac et une légère dimension poudrée. Le liatris peut enrichir des fougères, des orientaux souples ou des accords tabac, en leur apportant une douceur plus herbacée que sucrée. Il agit souvent comme un pont entre le végétal et le gourmand, sans jamais tomber dans une gourmandise évidente. Son usage traditionnel en Amérique du Nord et son lien avec la coumarine lui donnent une vraie singularité historique. En parfum, c'est une note précieuse lorsqu'on veut un effet de prairie ensoleillée, de feuilles séchées ou de chaleur douce et racée. Elle est rare, mais très utile pour donner de la profondeur sans bruit.
Affinités
Ces matières apparaissent souvent en association avec le liatris dans les compositions.
Utilisation
Savoir-faire
Le principal produit aromatique du Liatris utilisé en parfumerie est une absolue, obtenue par extraction par solvants des feuilles séchées de Liatris odoratissima. Les feuilles sont récoltées et soigneusement séchées, une étape cruciale au cours de laquelle l'odeur caractéristique douce et vanillée se développe et s'intensifie à mesure que des cristaux de coumarine se forment à la surface. Le processus d'extraction consiste à laver la matière végétale séchée avec un solvant hydrocarboné volatil, comme l'hexane, qui dissout les composés aromatiques. On obtient ainsi une substance cireuse et semi-solide appelée concrète. La concrète est ensuite lavée à l'alcool pour séparer les molécules odorantes des cires et autres matières non solubles. Après évaporation de l'alcool, le produit restant est l'absolue, un liquide ou une pâte vert foncé très visqueux. En raison de sa teneur élevée en coumarine, l'absolue de Liatris est une matière puissante et un excellent fixateur, mais son utilisation est réglementée par des organisations comme l'IFRA. L'absolue naturelle de Liatris étant aujourd'hui très difficile à trouver dans le commerce, des reconstitutions naturelles de haute qualité sont souvent utilisées par les parfumeurs.
Repères
Les tribus amérindiennes, telles que les Cherokees et les Menominees, utilisent largement diverses espèces de Liatris à des fins médicinales, pour traiter des affections allant des maladies rénales aux morsures de serpent.
Le naturaliste allemand J.C.D. von Schreber crée officiellement le genre Liatris. L'origine du nom est incertaine.
William Procter, Jr. identifie la substance cristalline sur les feuilles de Liatris odoratissima comme étant de la coumarine, le même principe aromatique que celui trouvé dans les fèves de tonka.
Les feuilles séchées de Liatris, connues sous le nom de Langue de cerf, sont utilisées commercialement comme agent aromatisant pour les produits du tabac, en particulier les cigarettes.
La maison de parfum de niche Atelier des Ors lance Iris Fauve, une fragrance qui met en avant le Liatris dans ses notes de cœur, dévoilant ses facettes chaudes et de foin aux côtés de l'iris et du musc.
Origines
Curiosités
Les fleurs sur la tige du Liatris s'épanouissent du haut vers le bas, ce qui est inhabituel pour les plantes de cette forme.
En raison de sa haute teneur en coumarine, les feuilles de Liatris odoratissima étaient utilisées en Caroline du Nord pour éloigner les mites des vêtements.
Certaines tribus amérindiennes brûlaient les racines séchées comme de l'encens pour soulager les maux de tête et les saignements de nez.
La plante est une source de nectar de prédilection pour le papillon monarque.
Les rongeurs apprécient fortement les tubercules de la plante, ce qui peut transformer les massifs de liatris en véritable garde-manger pour la petite faune.