Parmi les notes principales
- floral
- ambré
- oudé
Notes signatures d’Arabians Tonka : canne à sucre, fève tonka, rose, safran, oud
En bref
La canne à sucre, Saccharum officinarum, est à la fois une grande plante tropicale et l'une des matières agricoles qui ont le plus profondément modifié l'histoire mondiale.
Accords
Les barres indiquent le poids relatif de chaque accord, rapporté au plus présent.
Parfums
13 parfums mettent la canne à sucre en scène.
Profil
La canne à sucre, Saccharum officinarum, est à la fois une grande plante tropicale et l'une des matières agricoles qui ont le plus profondément modifié l'histoire mondiale. Son expansion est inséparable des plantations coloniales, des migrations forcées et de l'économie du sucre à grande échelle. En parfumerie, cette charge historique contraste avec une odeur qui évoque d'abord la douceur, la chaleur et la mélasse. Son parfum mêle sucre végétal, jus clair, note verte de tige, mélasse, parfois caramel blond ou rhum léger selon l'accord. La canne à sucre se distingue des notes sucrées purement synthétiques par une impression plus végétale et plus humide. Elle apporte une douceur moins abstraite, avec un fond presque fibreux ou terreux qui lui donne du naturel. En composition, elle fonctionne très bien avec des accords tropicaux, gourmands, ambrés ou alcoolisés. Son intérêt en parfum vient précisément de ce double registre: douceur immédiate et ancrage végétal réel. Bien utilisée, la canne à sucre ne sent pas seulement le sucre; elle sent aussi la plante, le climat chaud, la récolte et tout un imaginaire de matière transformée. Cela lui donne une présence plus riche qu'une simple note gourmande.
Affinités
Ces matières apparaissent souvent en association avec la canne à sucre dans les compositions.
Utilisation
Savoir-faire
La canne à sucre n'est pas une grande matière d'huile essentielle au sens classique. En parfumerie, sa présence vient plutôt d'accords inspirés du jus, de la mélasse, du sirop ou des spiritueux qui en dérivent. On peut travailler des extraits de mélasse, des fractions alcooliques ou des reconstructions qui évoquent à la fois le sucre humide, la fibre végétale et la chaleur fermentée des rhums. Selon le style recherché, la note peut rester verte et fibreuse ou glisser vers quelque chose de plus ambré, brun et liquoreux. La canne à sucre en parfum est donc surtout une matière d'évocation, construite à partir de sous-produits ou d'accords plutôt qu'une essence isolée par un procédé unique. Elle sert surtout à donner une douceur vivante, moins abstraite qu'un simple accord sucre. Elle permet aussi de relier naturellement les univers rhum, mélasse, sirop brun et sucre chaud.
Repères
Les premières preuves suggèrent que la canne à sucre (Saccharum officinarum) a été domestiquée pour la première fois en Nouvelle-Guinée il y a environ 8 000 ans.
Les compagnons d'Alexandre observent en Inde un roseau « qui produit du miel sans abeilles », formule souvent reprise par les auteurs grecs. Ce jalon signale surtout l'entrée de la canne à sucre dans le savoir hellénistique, non une introduction immédiate du sucre en Europe.
Les croisés revenant du Moyen-Orient introduisent le sucre en Europe chrétienne, où il est initialement traité comme une épice et un médicament coûteux.
Lors de son deuxième voyage, Christophe Colomb transporte des plants de canne à sucre des îles Canaries à Hispaniola, initiant ainsi sa culture dans le Nouveau Monde.
La culture de la canne à sucre s'implante à grande échelle dans les Caraïbes, à partir de 1640 environ en Martinique, entraînant une expansion massive des industries du sucre et du rhum, fortement dépendantes de la main-d'œuvre esclave africaine.
Au XIXe siècle, l’industrialisation du sucre de betterave en Europe crée un concurrent majeur au sucre de canne. En France, les initiatives napoléoniennes de 1811-1812 participent à cet essor.
Le parfum « Sugar Cane » de Demeter Fragrance Library remporte deux prix FiFi, dont celui du meilleur parfum d'Amérique, soulignant l'attrait de la note dans la parfumerie moderne.
Origines
Curiosités
Jusqu'au début du XIXe siècle, la canne à sucre était la principale source de sucre au monde, et elle représente encore 70 à 80 % de la production mondiale.
La canne à sucre est l'un des photosynthétiseurs les plus efficaces du règne végétal, capable de convertir jusqu'à 1 % de l'énergie solaire incidente en biomasse.
Le résidu fibreux restant après l'extraction du jus, appelé bagasse, est souvent utilisé comme biocarburant pour alimenter les sucreries.
Dans un mythe de la création polynésien, une femme est née d'un morceau de canne à sucre que deux pêcheurs avaient planté.
Christophe Colomb a introduit la canne à sucre dans le Nouveau Monde lors de son deuxième voyage en 1493.