Dans la pyramide : fond
- floral
- ambré
- boisé
Notes signatures de Portrait of a Lady : encens, framboise, bois de santal, patchouli, rose
En bref
Le benjoin est une résine balsamique issue de plusieurs arbres du genre Styrax, principalement en Asie du Sud-Est.
Accords
Les barres indiquent le poids relatif de chaque accord, rapporté au plus présent.
Parfums
670 parfums mettent le benjoin en scène.
Profil
Le benjoin est une résine balsamique issue de plusieurs arbres du genre Styrax, principalement en Asie du Sud-Est. En pratique, le commerce distingue surtout le benjoin de Siam, provenant du Laos, de la Thaïlande ou du Vietnam, et le benjoin de Sumatra, récolté en Indonésie. Les arbres sont incisés après plusieurs années de croissance afin de faire exsuder la résine, qui durcit ensuite avant d'être collectée. Les conditions de terroir de ces zones forestières et montagneuses influencent fortement la qualité et la richesse aromatique du produit final. Le benjoin possède un profil chaud, doux et balsamique, très marqué par une impression vanillée. Il peut évoquer le caramel, l'amande, parfois une nuance épicée proche de la cannelle. Le benjoin de Siam est généralement considéré comme le plus suave et le plus raffiné, avec une vanille ample et onctueuse, tandis que celui de Sumatra est plus sombre, plus résineux et légèrement fumé. En parfumerie, cette matière est précieuse comme note de fond et comme fixateur, car elle apporte à la fois chaleur, profondeur et moelleux poudré. Son histoire est très ancienne. Les Égyptiens l'utilisaient déjà dans l'embaumement et les rituels, tandis que les textes médicinaux chinois mentionnent son commerce dès le VIIe siècle avant notre ère. Introduit en Europe par les marchands arabes, il devient au Moyen Âge un ingrédient recherché en parfumerie, dans les pomanders et dans l'encens. On le retrouve ensuite dans des usages religieux variés, de l'encens orthodoxe au bakhoor, et jusque dans des produits populaires comme le Papier d'Arménie, développé en France à la fin du XIXe siècle. Cette continuité explique la place durable du benjoin dans les accords ambrés, baumés et réconfortants.
Affinités
Ces matières apparaissent souvent en association avec le benjoin dans les compositions.
Utilisation
Savoir-faire
En parfumerie, le benjoin est d'abord récolté comme une résine balsamique issue d'incisions pratiquées dans l'écorce des Styrax. La sève épaissie s'écoule, durcit à l'air puis est collectée sous forme de larmes ou de masses plus irrégulières après plusieurs semaines ou plusieurs mois. Pour l'usage parfum, on travaille ensuite souvent cette matière par extraction au solvant afin d'obtenir un résinoïde ou une absolue plus facile à doser qu'une résine brute. Selon le type de benjoin, la matière finale peut être ensuite diluée ou fluidifiée pour mieux s'incorporer dans les concentrés. La qualité dépend du tri de la résine, de sa propreté, de son origine botanique et des conditions de collecte. Les enjeux majeurs ne sont pas seulement techniques: ils concernent aussi la pérennité des peuplements, la pression sur les arbres et la rémunération des récoltants, car la gemme reste une matière très liée au travail manuel. Les qualités Siam et Sumatra correspondent à des sources botaniques et à des profils différents. IFF-LMR distingue son extrait de Styrax tonkinensis, provenant du Laos et du Vietnam, de celui de Styrax benzoin d'Indonésie; tous deux sont obtenus à l'alcool éthylique. Le benjoin doit aussi être distingué du styrax ou storax de parfumerie, issu de Liquidambar malgré la ressemblance des noms.
Repères
L'astrologue et médecin français Nostradamus a classé le benjoin comme un tonique pour les infections cutanées, documentant son usage thérapeutique en Europe.
Inspiré par la tradition arménienne de brûler du benjoin pour désinfecter les maisons, Auguste Ponsot et le pharmacien Henri Rivier ont développé le Papier d'Arménie en France, un produit qui reste populaire aujourd'hui.
Le benjoin provient d'arbres du genre Styrax originaires d'Asie du Sud et du Sud-Est. Les récits qui le placent dans l'embaumement égyptien vers 1500 av. J.-C. sont difficiles à étayer et peuvent résulter d'une confusion avec d'autres résines aromatiques.
La résine circule dans les réseaux commerciaux asiatiques sous différents noms, notamment Anxi xiang en Chine. Les datations très anciennes varient selon les sources; il est plus prudent de retenir une présence documentée dans les pharmacopées et les échanges médiévaux.
Les marchands du monde islamique jouent un rôle important dans la diffusion du benjoin depuis l'Asie du Sud-Est vers le Moyen-Orient puis l'Europe au cours du Moyen Âge.
Origines
Curiosités
Le benjoin est un ingrédient clé du Baume du Commandeur, une teinture traditionnelle utilisée pour les affections respiratoires et cutanées depuis le Moyen Âge.
Dans l'Antiquité, on croyait que brûler du benjoin pouvait purifier les espaces et éloigner les énergies négatives ou les mauvais esprits.
Le nom « benjoin » serait une déformation de « luban jawi », qui signifie en arabe « encens de Java ».
En Malaisie, le benjoin est utilisé dans les cérémonies pour éloigner les mauvais esprits pendant la récolte du riz.
Bien qu'on l'appelle « gomme de benjoin », il s'agit techniquement d'une résine balsamique et non d'une gomme, car elle n'est pas soluble dans l'eau.