Parmi les notes principales
- frais
- fruité
- agrumé
Notes signatures d’Aventus : cassis (baie), musc, ambre gris, bouleau, ananas
En bref
Le bouleau, principalement à travers le goudron tiré de son écorce, appartient aux grands fondements des registres cuirés et fumés.
Accords
Les barres indiquent le poids relatif de chaque accord, rapporté au plus présent.
Parfums
102 parfums mettent le bouleau en scène.
Profil
Le bouleau, principalement à travers le goudron tiré de son écorce, appartient aux grands fondements des registres cuirés et fumés. L'arbre lui-même est familier des régions froides d'Europe et d'Asie, mais ce qui intéresse la parfumerie n'est pas le bois brut: c'est la matière sombre et puissante issue de la pyrolyse de l'écorce. Le bouleau se situe donc à la frontière entre le végétal et l'industriel, entre forêt et atelier de tannage. Son odeur est fumée, goudronnée, phénolique, intensément cuirée. Elle évoque le feu, le cuir tanné, parfois le bois brûlé ou certaines matières sèches et sombres. C'est une note de fond très marquée, qui donne au parfum du caractère, de la virilité ou une rudesse élégante selon le style recherché. Même lorsqu'il est utilisé en faible dose, le bouleau imprime une vraie direction à la formule. Son histoire remonte à des usages très anciens comme adhésif ou matériau protecteur, bien avant son rôle dans le fameux Cuir de Russie. Ce lien avec le tannage russe a ensuite façonné une part entière de la parfumerie du XXe siècle, avec des créations devenues classiques. Malgré les contraintes de sécurité qui ont fait évoluer ses formes d'emploi, le bouleau reste une référence dès qu'il faut créer un cuir fumé crédible, noble et profond.
Affinités
Ces matières apparaissent souvent en association avec le bouleau dans les compositions.
Utilisation
Savoir-faire
La note cuirée de bouleau est notamment obtenue par distillation sèche de l'écorce. La chaleur transforme la matière végétale et produit un goudron à l'odeur fumée et phénolique. Ce procédé diffère d'une distillation classique destinée à recueillir les composés volatils d'un feuillage. Le goudron est ensuite rectifié pour obtenir une qualité destinée à la parfumerie. Berjé décrit ainsi un produit issu de distillation sèche, puis purifié par distillation à la vapeur, dont la couleur reste brun-rouge. La rectification ne signifie donc ni que le produit devient incolore ni que tout composé indésirable disparaît. Le standard IFRA relatif aux pyrolysats de bouleau exclut la matière brute et encadre les qualités rectifiées au moyen de spécifications sur les hydrocarbures aromatiques polycycliques. La conformité dépend des caractéristiques du lot et de son emploi dans la formule.
Repères
Le goudron de bouleau est largement utilisé en Russie pour tanner et imperméabiliser les bottes en cuir, créant ainsi l'odeur caractéristique et recherchée du « Cuir de Russie ».
Aimé Guerlain crée un parfum nommé « Cuir de Russie », l'un des premiers parfums commerciaux à mettre en vedette le célèbre accord cuir.
Ernest Beaux, commandité par Coco Chanel, crée le parfum emblématique « Cuir de Russie », inspiré de sa romance avec le Grand-Duc Dmitri Pavlovich. Le parfum immortalise le mélange de goudron de bouleau, de tabac et de fleurs.
La prise de conscience croissante des propriétés cancérigènes des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans le goudron de bouleau brut conduit à des réglementations industrielles (comme les normes IFRA) exigeant sa rectification pour éliminer les composés nocifs en vue d'une utilisation sûre dans les parfums.
Les Néandertaliens produisent du goudron de bouleau par distillation sèche pour l'utiliser comme adhésif pour emmancher les outils en pierre.
Origines
Curiosités
Le goudron de bouleau est reconnu comme le plus ancien adhésif connu, utilisé par les Néandertaliens il y a plus de 200 000 ans pour fixer des outils en pierre à des manches.
Un morceau de chewing-gum vieux de 5 000 ans, fait de goudron de bouleau et portant encore des empreintes de dents, a été découvert en Finlande.
Le parfum du savon Imperial Leather est célèbrement dérivé du goudron de bouleau.
Le nom latin Betula pourrait dériver du mot gaulois « betu », qui signifie « goudron », car Pline a noté que les Gaulois extrayaient du goudron de l'écorce de bouleau.
Dans les traditions celtiques, le bouleau était un symbole de renouveau, de purification et de sagesse.