Parmi les notes principales
- floral
- animal
- boisé
Notes signatures de Cuir de Russie Eau de Parfum : tabac, ylang-ylang, jasmin, cuir, goudron de bouleau
En bref
Le goudron de bouleau est une matière très puissante obtenue à partir de l'écorce de bouleau par distillation sèche.
Accords
Les barres indiquent le poids relatif de chaque accord, rapporté au plus présent.
Parfums
15 parfums mettent le goudron de bouleau en scène.
Profil
Le goudron de bouleau est une matière très puissante obtenue à partir de l'écorce de bouleau par distillation sèche. Son odeur sombre et fumée a joué un rôle central dans l'histoire de la parfumerie cuirée. C'est l'une des notes qui permettent le plus directement d'évoquer le cuir fumé, le feu, le bois brûlé ou certains accords animaux avec une vraie profondeur. Son profil olfactif est fumé, goudronné, cuiré, phénolique et parfois médicinal. Le goudron de bouleau ne travaille jamais en douceur: même à faible dose, il transforme immédiatement l'ambiance d'une composition. Il apporte de la ténacité, une noirceur sèche et une texture brute qui peuvent enrichir des accords cuir, bois, tabac ou fumée, à condition de le manier avec précision. Utilisé depuis des temps très anciens comme adhésif, protecteur du cuir ou matière utilitaire, il a ensuite marqué le célèbre registre du cuir de Russie avant d'entrer pleinement en parfumerie. Son usage moderne est plus encadré, mais sa signature reste irremplaçable. Lorsqu'on veut un cuir qui ait vraiment du feu, du goudron et de la mémoire, c'est souvent lui qui donne le ton.
Affinités
Ces matières apparaissent souvent en association avec le goudron de bouleau dans les compositions.
Utilisation
Savoir-faire
Le goudron de bouleau est produit par distillation sèche de l'écorce, puis rectifié pour l'usage parfumant. La première étape transforme la matière végétale et développe son caractère fumé, cuiré et phénolique; la seconde sélectionne et purifie une fraction du goudron. Berjé décrit une qualité rectifiée par distillation à la vapeur, encore colorée en brun-rouge. Selon le standard IFRA relatif aux pyrolysats de bouleau, les qualités brutes ne doivent pas être utilisées comme ingrédients parfumants. Les qualités rectifiées restent soumises à des spécifications portant sur des marqueurs d'hydrocarbures aromatiques polycycliques. Le mot « rectifié » ne constitue donc pas à lui seul une garantie de conformité. Olfactivement, cette matière reste très puissante et permet de donner aux accords cuir, bois ou tabac une tonalité fumée marquée.
Repères
Un morceau de goudron de bouleau mâché vieux de 5 700 ans est découvert à Syltholm, au Danemark. L'ADN qu'il contient permet aux scientifiques de séquencer le génome complet de l'humain antique qui l'a mâché.
Le goudron de bouleau devient le matériau essentiel pour le tannage et la finition du « Cuir de Russie ». Son application rend le cuir imperméable et lui confère un arôme fumé distinctif très recherché à travers l'Europe.
Le parfumeur Ernest Beaux, guidé par Coco Chanel, crée le parfum emblématique « Cuir de Russie ». Il s'inspire de sa romance avec le Grand-Duc Dimitri Pavlovitch et de l'odeur de ses bottes cirées au goudron de bouleau, consacrant la place de cette note dans la parfumerie moderne.
L'International Fragrance Association (IFRA) publie son 47ème amendement, interdisant formellement l'utilisation de l'huile de goudron de bouleau brute et spécifiant que seules les huiles rectifiées (purifiées), avec des limites strictes sur les HAP cancérigènes, peuvent être utilisées dans les parfums.
Origines
Curiosités
Il est considéré comme l'un des premiers matériaux jamais synthétisés par l'homme, les Néandertaliens le produisant il y a 200 000 ans pour emmancher leurs outils en pierre.
Un morceau de goudron de bouleau vieux de 5 700 ans trouvé au Danemark contenait un génome humain complet, révélant des détails sur la personne qui l'avait mâché comme de la gomme.
C'était l'ingrédient signature utilisé pour tanner et parfumer le « Cuir de Russie », une exportation prisée aux XVIIe et XVIIIe siècles, le rendant imperméable et insectifuge.
Le nom latin du bouleau, Betula, proviendrait du mot gaulois « betu », qui signifie « goudron ».
Dans les traditions nordiques et sibériennes, son arôme fumé était associé à la chaleur, à la protection et à la survie lors de rituels et de rassemblements.