Dans la pyramide : fond
- floral
- animal
- boisé
Notes signatures de Cuir de Russie Eau de Parfum : tabac, ylang-ylang, jasmin, cuir, goudron de bouleau
En bref
L'huile de cade est obtenue à partir du bois de Juniperus oxycedrus, genévrier des paysages secs du bassin méditerranéen.
Accords
Les barres indiquent le poids relatif de chaque accord, rapporté au plus présent.
Parfums
25 parfums mettent l'huile de cade en scène.
Profil
L'huile de cade est obtenue à partir du bois de Juniperus oxycedrus, genévrier des paysages secs du bassin méditerranéen. Issue d'une distillation destructrice du bois, elle appartient à la famille des matières fumées les plus radicales de la parfumerie. Son histoire est ancienne, à la fois médicinale, vétérinaire et rituelle, bien avant son usage comme outil de caractère dans les compositions modernes. Son odeur est noire, goudronnée, fumée, sèche, avec des facettes de cendre, de feu de bois, de cuir et de résine brûlée. Peu de matières ont une telle force de signature. En parfum, l'huile de cade s'utilise à très petite dose pour donner du relief à un cuir, assombrir un bois, salir un floral ou installer une tension fumée presque animale. C'est une note de fond qui ne pardonne pas l'à-peu-près. Les usages contemporains ont dû tenir compte des questions de sécurité, d'où l'importance des versions rectifiées et purifiées. Cela n'a pas réduit son intérêt olfactif. Le cade reste l'une des meilleures matières pour introduire dans un parfum quelque chose de brut, de sec et de presque archaïque, sans perdre complètement la maîtrise de la formule.
Affinités
Ces matières apparaissent souvent en association avec l'huile de cade dans les compositions.
Utilisation
Savoir-faire
L'huile de cade provient de la distillation sèche du bois et des rameaux de Juniperus oxycedrus. Le chauffage transforme le végétal en une matière sombre à l'odeur fumée, goudronnée et phénolique. Ce procédé se distingue de la distillation des baies de genévrier commun, qui fournit une autre matière première. Le produit brut est ensuite rectifié, notamment par distillation à la vapeur ou sous vide. Berjé décrit une huile rectifiée de couleur brun orangé, conservant un caractère phénolique puissant. La rectification réduit les fractions indésirables, mais ne dispense pas du contrôle analytique. Le standard IFRA du cade exclut l'huile brute comme ingrédient parfumant et fixe des spécifications pour les qualités rectifiées concernant les hydrocarbures aromatiques polycycliques. L'origine du bois et les pratiques de récolte doivent également être documentées; la présence de l'espèce en Méditerranée ne suffit pas à garantir un faible impact environnemental.
Repères
L'huile était brûlée comme encens dans l'ancienne Sumer et en Babylonie. Les Romains connaissaient également ses propriétés vétérinaires, notamment pour les chevaux.
Au Moyen Âge, le bois et son huile étaient brûlés en fumigation dans la croyance qu'ils pouvaient éloigner le choléra et la peste.
L'huile de cade a été officiellement introduite dans la médecine française vers le milieu des années 1800, reconnue pour ses propriétés antiseptiques et antiparasitaires dans le traitement des irritations cutanées.
La Distillerie des Cévennes est fondée en France, mettant au point une recette d'« Huile de cade vraie » qui sera plus tard inscrite au codex pharmaceutique français, établissant un standard de qualité.
Le procédé de rectification devient la norme pour éliminer les composés cancérigènes (benzopyrènes) présents dans l'huile de cade brute, la rendant sûre pour une utilisation généralisée en parfumerie et en cosmétique.
L'huile de cade occupe une place de choix dans les parfums de niche audacieux cherchant à créer des accords fumés et cuirés intenses, comme dans Patchouli 24 du Labo et d'autres créations similaires.
Origines
Curiosités
L'épithète spécifique oxycedrus signifie « cèdre piquant » en grec, une référence possible au fait qu'il s'agissait du cèdre originel des anciens Grecs.
En médecine vétérinaire, elle est traditionnellement utilisée pour traiter les affections cutanées des animaux, en particulier des chevaux.
Le bois est si dur et imputrescible qu'il était historiquement utilisé dans la construction.
Dans certaines traditions, on attribue aux genévriers des qualités protectrices, utilisées dans des rituels pour éloigner les mauvais esprits.
La production traditionnelle impliquait de grands fours cylindriques en pierre construits directement dans le paysage de la garrigue, qui ont été largement abandonnés après la Seconde Guerre mondiale.