Parmi les notes principales
- floral
- poudré
- propre
Notes signatures de Cuir d'Ange : aubépine, musc, violette, cuir, héliotrope
En bref
L'aubépine, du genre Crataegus, est un arbuste des haies et des lisières très présent dans les paysages européens, où sa floraison de mai marque fortement le passage au printemps.
Accords
Les barres indiquent le poids relatif de chaque accord, rapporté au plus présent.
Parfums
35 parfums mettent l'aubépine en scène.
Profil
L'aubépine, du genre Crataegus, est un arbuste des haies et des lisières très présent dans les paysages européens, où sa floraison de mai marque fortement le passage au printemps. Sa place dans le folklore, la médecine traditionnelle et les rituels de saison lui a donné une épaisseur culturelle rare pour une fleur aussi discrète. En parfumerie, elle appartient à ces notes florales fines qui semblent simples de loin, mais se révèlent bien plus ambiguës de près. Son odeur est poudrée, miellée, légèrement verte, avec une facette amandée très caractéristique. Certaines espèces peuvent aussi laisser paraître une nuance animale, voire légèrement trouble, qui empêche l'aubépine de devenir un floral trop sage. C'est cette dualité qui intéresse les parfumeurs: elle apporte la fraîcheur d'un arbre en fleurs, mais avec une vibration plus étrange et plus naturelle qu'une simple reconstitution de pétale blanc. Comme l'extraction directe n'est pas la voie la plus simple, l'aubépine a souvent été travaillée par accord, notamment grâce à la chimie du XIXe siècle et du début du XXe. Elle reste aujourd'hui une note précieuse pour donner à un parfum de la transparence, du printemps et une touche de nostalgie végétale. Bien employée, elle installe une émotion de paysage autant qu'une odeur de fleur.
Affinités
Ces matières apparaissent souvent en association avec l'aubépine dans les compositions.
Utilisation
Savoir-faire
L'aubépine est souvent représentée par un accord floral doux, poudré et légèrement amandé. L'aldéhyde anisique, ou p-anisaldéhyde, est une matière utile à cette construction: les fournisseurs décrivent explicitement son odeur d'aubépine. Il ne s'agit pas pour autant d'une huile extraite des fleurs de Crataegus. D'autres ingrédients permettent d'ajuster les nuances vertes, miellées ou plus chaudes de l'accord. La formulation dépend de l'effet recherché et ne se réduit pas à une recette universelle. Qualifier l'aubépine de fleur « muette » dans le vocabulaire de la parfumerie ne signifie pas qu'elle est inodore, ni que toute extraction de ses composés est techniquement impossible.
Repères
Dans la Grèce et la Rome antiques, l'aubépine était associée au mariage, à l'espoir et à la bonne fortune. Ses propriétés médicinales, en particulier pour le cœur, étaient également reconnues dans la médecine traditionnelle européenne et asiatique.
Au Moyen Âge, l'aubépine s'est profondément ancrée dans le folklore européen, souvent liée aux fées et à la protection surnaturelle. Elle était également largement plantée comme marqueur de limites et haie défensive en raison de sa croissance dense et épineuse.
Le développement de la chimie organique a conduit à la synthèse de l'aldéhyde anisique. Cette molécule, qui imite le parfum de l'aubépine, a commencé à remplacer en parfumerie les extraits naturels, inconstants et difficiles à obtenir.
Jacques Guerlain utilise de manière célèbre un accord d'aubépine, construit autour de l'aldéhyde anisique, au cœur de ce parfum emblématique. Il capture l'odeur florale et poudrée d'un jardin après une averse, consolidant la place de l'aubépine dans la parfumerie moderne.
Un grand succès du parfumeur Alberto Morillas qui présente un accord floral poudré proéminent où l'aubépine joue un rôle clé aux côtés de la violette et de la rose, démontrant sa pertinence dans les parfums contemporains.
Le 51e amendement des normes IFRA comprend une norme de restriction pour l'anisaldéhyde, avec des limites liées aux catégories de produits. Il ne constitue pas une autorisation générale d'employer librement les matières d'un accord d'aubépine.
Origines
Curiosités
Dans le folklore, les aubépines sont souvent considérées comme des portails vers le royaume des fées.
Les jeunes feuilles et les boutons floraux sont comestibles et étaient surnommés « pain et fromage » dans l'Angleterre rurale.
Malgré son parfum printanier, l'aubépine a longtemps été tenue à distance des intérieurs dans certaines régions d'Europe, où elle restait liée aux cimetières, aux présages et aux légendes de fées.
Le bois de l'aubépine est extrêmement dur et était utilisé pour fabriquer des outils et des gravures.
Dans la tradition gaélique, une branche d'aubépine était accrochée aux portes le 1er mai pour protéger le bétail de la sorcellerie.